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Des bobines classées par teintes, des fleurs séchées, deux machines fidèles, et le temps qu'il faut pour bien faire.
Les cotons sont tissés en Europe, en France ou en Italie, et choisis un par un pour leurs imprimés : fleuris, ikat, rayures tissées. Chaque tissu a son caractère, et aucun n'est reproduit à l'identique d'une série à l'autre.
Je les achète au coupon, jamais à la pièce. Un coupon donne trois à quatre vestes, parfois cinq quand la coupe tombe bien. Une fois le coupon terminé, il n'est presque jamais racheté : les impressions changent d'une série à l'autre, et deux coupons du même motif ne se ressemblent jamais tout à fait.
C'est une contrainte, mais c'est aussi ce qui fait qu'aucune de mes clientes n'a croisé la même veste que la sienne.
Deux épaisseurs de coton prennent une nappe d'ouatine entre elles, puis l'ensemble est piqué en lignes régulières. C'est ce qui donne à la veste son relief et sa tenue, et ce qui la rend chaude sans être lourde.
Tout le tour de la veste (encolure, emmanchures, bas, devants) est fermé par un biais coupé dans un coton uni, posé et cousu à la main. C'est l'étape la plus longue et celle qui se voit le plus.
Une étiquette tissée est cousue à l'intérieur. Chaque veste est repassée, pliée dans du papier de soie et emballée à la main.
Comptez trois à quatre heures de travail par veste, hors choix du tissu et hors repassage. C'est ce temps-là que vous payez, autant que la matière.
Le coton imprimé peut légèrement dégorger au premier lavage. Lavez votre veste à froid, à l'envers, seule ou avec des couleurs proches, et laissez-la sécher à plat. Pas de sèche-linge : l'ouatine se déformerait.
Bien traitée, une veste matelassée se porte des années et vieillit bien : le coton s'assouplit et les couleurs se patinent.
Si aucune pièce disponible ne correspond, je couds sur mesure : votre tissu, vos mesures, votre biais.
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